Aurélie Filippetti ravive la polémique autour d’AmazonDes hauts & débats | Des hauts & débats

Aurélie Filippetti ravive la polémique autour d’Amazon

Outre le problème économique réel, chaque période de crise est le prétexte au réveil de sentiments patriotiques tout à fait déplacés. Le “consommez français” est un discours populaire, présenté comme LA solution à tous les maux ; il évite surtout d’avoir à se questionner sur les vrais problèmes ou sur la simple faisabilité de la généralisation de ce mode de consommation. Les différents hommes politiques se succèdent pour nous servir ce discours, François Bayrou d’abords, puis Arnaud de Montebourg et c’est maintenant le tour d’Aurélie Filippetti, ministre de la culture.

Dans sa ligne de mire, le site américain de vente en ligne de produits culturels et notamment de livres.

Logo_Amazon_france

Ce géant US est régulièrement accusé, à chacune de ses implantations sur le sol français à vrai dire, d’encaisser les subventions et différentes aides publiques de la France tout en pratiquant une politique d’optimisation fiscale justifiée par le fait que le siège de ses activités européennes est implanté au Luxembourg. De sorte, au lieu de payer 1/3 de ses bénéfices à la France au titre de l’IS, Amazon s’acquitte de l’IS à l’Etat du Luxembourg, à hauteur de seulement 21,8% de ses bénéfices. C’est un fait, on le sait, mais cette réalité n’empêche pas le gouvernement français de les accueillir et de leur dérouler le tapis rouge à chacun des nouveaux projets d’implantation, … et la polémique de renaitre systématiquement.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, c’est sur un autre aspect de l’activité d’Amazon que la controverse est lancée, sur son activité de libraire en ligne.

En effet, selon Aurélie Filippetti, Amazon se livrerait à un “dumping tarifaire” sur les articles culturels que constituent les livres, tuant de ce fait les petits libraires. En effet, alors que les libraires voient le tarif pratiqués sur les livres fixé par l’Etat, afin de garantir l’application d’un prix unique sur ces produits sur l’ensemble du territoire français, Amazon propose une réduction systématique de 5%, cumulée à des frais de port gratuits. Ces conditions créeraient ainsi une concurrence déloyale à laquelle les libraires de quartier seraient dans l’impossibilité de résister.

 

 Il a bon dos le géant américain !!!

Je voudrais seulement rappeler qu’Amazon n’est pas le seul à pratiquer de tels avantages tarifaires puisqu’il suffit de se rendre sur le site de l’enseigne française FNAC pour constater qu’ils appliquent exactement les mêmes conditions :

FNAC

 

Mais bien évidemment, Aurélie Filippetti s’abstient bien de le préciser.

Ensuite, selon moi, Aurélie Filippetti se voile la face sur les vraies raisons pour lesquelles le consommateur déserte la boutique de son libraire au profit de ce site de vente en ligne. Amazon totaliserait 8% du CA de vente des livres, 80% en ce qui concerne la vente en ligne. Il est donc en passe d’occuper une situation de monopole si, comme outre-Atlantique, le Kindle parvenait à vaincre les résistances culturelles françaises quant à l’usage des livres électroniques.

Avec seulement 5% de réduction, on ne peut pas réellement considérer comme significatif le montant de la réduction pratiquée. Personnellement, gagner 0,50 € sur un libre de 10€ ne constitue pas une performance exceptionnelle !

Le vrai avantage de ces 2 librairies en ligne réside dans le fait d’être assuré de trouver facilement et rapidement n’importe quelle référence commercialisée, et surtout de pouvoir consulter des produits concurrents. Avec ces sites, inutile d’arpenter la ville à la recherche d’un libraire, souvent installé en centre-ville (avec toutes les difficultés d’accès et de stationnement que cela peut représenter) proposant le livre en question, on tape le nom du livre, on consulte éventuellement les autres livres traitant du même thème et ni une ni deux, on valide la commande.

Les habitudes de consommation ont changé et un simple libraire ne peut plus les satisfaire, on n’a plus 2 heures à perdre pour trouver un simple livre de poche.

S’attaquer à Amazon est une fausse solution, les clients se rabattront sur le site en ligne de FNAC, ceux qui aiment feuilleter et toucher avant d’acheter continueront à fréquenter les magasins FNAC, SAURAMPS ou les rayons librairie de leur hypermarché, seuls acteurs du secteur capables de proposer un large choix, mais, c’est triste à dire,  les libraires continueront à être les grands perdants car ils ne récupèreront pas un seul client et continueront à subir la désaffection de leur boutique !!! 

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